Comprendre la peur de la chute

Qu’elle soit en tête ou en moulinette, pour certaines personnes la peur de la chute en escalade est omniprésente. Si bien qu’elle vient gâcher leur plaisir à grimper. Découvrez en vidéo comment la peur de chuter s’installe chez les grimpeurs et comment s’en défaire sans grimper plus.

Transcription texte de la vidéo.

 

Votre peur de la chute est-elle justifiée ?

La peur rationnelle

Si elle est rationnelle, la peur est justifiée car nous souhaitons protéger notre intégrité physique. Si le matériel est en mauvais état ou que votre chute entraine un retour au sol, il vous faut sérieusement réfléchir à vous engager ou non en fonction de vos capacités.

 

La peur irrationnelle

L’escalade telle qu’on la pratique aujourd’hui est très sécurisée. Les peurs que vous éprouvez sont pour la plupart irrationnelles. 

J’aime dire que l’escalade n’est pas plus risquée que le vélo de course. La chute en escalade fait partie de la pratique tandis qu’une chute en vélo de course entraîne des blessures. 

Cependant, en cas d’accident en escalade, l’issue peut être fatale. Cette lourde conséquence pèse sur nos esprits et nous créé ces peurs injustifiées. 

 

Les 3 facteurs de la peur en escalade

Je classe les peurs en 3 thématiques : le matériel, l’assurage et la chûte en elle-même.

  • Le matériel 

Pour le matériel, nous imaginons de suite la rupture. Et si la corde casse ? Et si mon baudrier se déchire ? Si le mousqueton de la dégaine explose ? 

Pour remédier à ces appréhensions, vous devez connaître les valeurs de ruptures du matériel que vous utilisez. 

Ces valeurs sont supérieures à 2 tonnes. Autant dire que vous mourrez les os brisés par le choc avant de rompre le matériel. 

 

  • L’assurage

Pour l’assurage, nous pensons avant tout à une défaillance de notre partenaire. Pas attentif, ne tient pas réellement la corde ou n’est pas préparé à dynamiser notre chute. 

Ces craintes peuvent être justifiées. Il est donc important de vous assurer des compétences de votre assureur. A-t’il déjà dynamisé une grosse chute ? Est-il à l’aise dans les manipulations de corde ? Est-il sérieux et attentif ? 

Pour ne pas vous poser ces questions pendant que vous grimpez, vous devez avoir confiance en votre assureur. Une des solutions consiste à grimper régulièrement avec lui. C’est d’autant plus vrai s’il retient fréquemment vos chutes. 

 

  • La chute en elle-même.

Pour l’appréhension de la chute, nos peurs peuvent être centrées sur le fait de se faire mal ou sur la peur de l’inconnu.

Le cerveau humain redoute les situations nouvelles et ce qu’il ne peut pas contrôler. Autrement dit, nous redoutons ce que nous ne connaissons pas. 

Si nous prenons lexemple de vos premières heures au volant d’une voiture, vous aviez l’impression de ne rien contrôler et peur d’écraser quelqu’un. Maintenant, permis en poche, vous ne vous souvenez même plus de certains trajets tellement c’est devenu banal. Avec l’appréhension de la chute, c’est la même chose. 

 

Vivez l’expérience de la chute

Attention, je ne parle pas de prendre un gros plomb et d’être guéri. Je parle de banaliser la chute, comme faisant partie de l’activité. Pour ce faire, vous pouvez chuter grand, petit, en tête ou en moulinette. L’important est que ces chutes doivent être conscientes, décidées et non subites comme une sanction. 

 

En conclusion

Pour récapituler, en escalade il y a des peurs rationnelles et irrationnelles.

Pour identifier si une peur est justifiée, vous devez être un grimpeur conscient. Connaître votre matériel, savoir identifier son niveau d’usure, connaître et faire confiance à son assureur, effectuer une vérification mutuelle avant de partir… sont autant de points à maîtriser et à appliquer afin d’atteindre la sérénité.

 

Si vous avez des questions ou que vous souhaitez des exercices pour améliorer votre appréhension de la chute, n’hésitez pas à commenter ci-dessous. 

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