3 astuces pour se libérer du regard des autres et grimper librement

Avez-vous déjà été trop embarrassé pour grimper des voies difficiles dans lesquelles vous êtes sûr que vous allez chuter et donc échouer ? Vous n’êtes pas seul. Le phénomène tend même à s’amplifier quand on voit qu’aujourd’hui nous sommes notés et nous notons presque tout : services, restaurants, hôtels… Nous en oublions le travail et les échecs nécessaires aux résultats. Analysons donc ensemble ce point qui sabote votre réel potentiel en escalade.

Préambule

Vouloir exceller, effectuer des performances et ne pas échouer est le propre de notre société qui doit former des futurs travailleurs, qualifiés, productifs et rentables.

Tout commence à l’école. Trop rare sont les professeurs qui valorisent l’échec en tant que processus d’apprentissage. Les élèves sont notés sur les résultats des examens. Non sur leurs efforts et tentatives. 
À la maison, nos parents peuvent nous dire : si tu ne ramènes pas des bonnes notes, tu seras privé de sortie. 

Une éducation par la pression que nous reproduisons dans nos loisirs et notre vie de tous les jours, même lorsque les résultats n’apportent aucun bénéfice si ce n’est une satisfaction personnelle. Avez-vous déjà touché une prime de 100€ pour avoir enchaîné une voie ? Pourquoi alors tant de pression ?

Nous en avons oublié que pour réussir dans un domaine, ça passe par de nombreux échecs.

Un bébé tombe en moyenne 2000 fois avant de savoir marcher. 

L’échec fait partie intégrante du processus d’apprentissage et c’est pour ça qu’il nous faut le re-valoriser. Plus facile à dire qu’à faire ? Voici donc 3 solutions pour vous libérer du regard des autres et grimper enfin comme bon vous semble, dans des voies d’escalade faciles ou difficiles.

Solution 1 : Soyez au clair avec vous-même sur votre réel niveau.

Les grimpeurs qui ont un problème avec le regard des autres ont souvent une vision différente entre leur niveau perçu et leur niveau réel. Ils pensent que les autres les voient plus forts qu’ils ne sont en réalité. Ils se mettent donc dans la tête qu’ils ne peuvent pas échouer et qu’ils doivent performer pour maintenir leur niveau perçu.

Soyez au clair avec vos compétences réelles, vos atouts et vos faiblesses. Identifiez ce qui vous fait peur, les voies qui vous font défaut, votre style de voie de prédilection etc.

Plus vous serez en mesure d’être précis sur votre niveau réel, plus vous serez ok avec le fait de tomber, d’échouer dans des voies. 

Plutôt que ces affirmations : 

  • Le dévers c’est pour les bourrins.
  • Cette voie est trop longue, j’aime pas.
  • Les points sont espacés, l’équipeur est fou.

Préférez celles-ci :

  • Je n’ai pas assez d’entrainement physique ou de technique, je daube vite en dévers.
  • J’ai l’appréhension du vide. Je perds mes moyens dans les voies longues.
  • J’ai peur d’engager et de chuter.

Autrement dit, en falaise, le rocher est immuable. Il vous met face à vos états d’âmes. Identifiez ce que révèle les voies sur votre niveau réel et votre psychologie. 

Si vous êtes lucides sur ce qui vous fait défaut dans vos compétences, vous serez plus enclin à en parler et à l’accepter. Vous vous réfugierez moins derrières des excuses ou votre mutisme et vous verrez ça comme l’occasion de vous améliorer. 

Solution 2 : Adoptez la position de l’outsider.

Si vous avez l’habitude de performer, de réaliser des voies difficiles pour la majorité des grimpeurs, vous avez alors une réputation à défendre. C’est à ce moment que vous pouvez commencer à vous mettre la pression et n’effectuer plus que des voies que vous connaissez ou de votre niveau.

L’outsider est toujours dans une position moins stressante. Nous avons tous dans un coin de notre tête des exemples de “remontada”. Aussi bien en football lors d’un match retour ou au tennis, en finale d’un Grand Chelem, lorsque tout semble perdu, 5-1, balle de match. La pression est telle pour celui qui peut gagner qu’il peut perdre ses moyens. Rafael Nadal s’en est donné à coeur joie lors d’un match de 2019 en remontant et remportant le match dans cette même configuration.

Comment devenir un outsider en escalade ? Après une chute ou un échec dans une voie que vous considérez comme facile. Vous pouvez imaginer que ceux qui vous ont regardé se rendront compte que vous êtes en fait humain comme eux et que vous commettez des erreurs dans votre escalade, même importantes. Imaginez alors que leurs attentes sur votre escalade ont diminué. Conséquence : vous grimperez de façon plus relâchée sans devoir faire attention à la moindre erreur.

Solution 3 : Pensez aux autres grimpeurs et à quel point vous vous fichez de leur niveau.

Énumérez les personnes avec qui vous avez l’habitude de grimper. Votre partenaire, vos amis, les débutants… Demandez-vous ensuite à quel point leur niveau est important pour vous ? Si le fait qu’ils chutent dans une voie les font descendre dans votre estime ?

Nous avons tendance à penser que les autres se préoccupent plus de nous que d’eux-mêmes. Que leur reconnaissance ou approbation vient du fait que nous pouvons enchaîner telle ou telle voie.
Pensez à un grimpeur que vous connaissez et qui grimpe actuellement moins bien que son niveau normal. Maintenant pensez à quel point vous vous en fichez ? Il y a de grandes chances pour que ça soit pareil de son côté vous concernant.

Si vous grimpez fort, les gens pourront être impressionnés et même être jaloux. Si vous grimpez mal, les gens s’en ficheront.

Conclusion

Pour vous libérer du regard des autres, vous devez être prêt à accepter votre niveau réel. Pas celui que vous essayez de montrer et de préserver aux yeux des autres en répétant continuellement des voies connues et faciles pour vous. Il y a de fortes chances que votre niveau réel se situe à la limite de votre zone de confort et qu’il vous faut faire violence pour y accéder.

Si vous êtes au clair avec vos compétences et vos faiblesses, vous n’aurez aucune gêne à montrer vos limites et à jouir de vos atouts. Mieux encore, il se pourrait que vous soyez surpris. Si vous décidez d’affronter une voie difficile, dans laquelle vous ne vous sentez pas à l’aise, vous pourriez la surpasser et progresser de façon fulgurante.

Ceux qui n’ont pas peur d’échouer et l’habitude de sortir de leur zone de confort sont ceux qui progressent le plus vite, dans tous les domaines. Rappelez-vous que l’échec fait partie intégrante du processus d’apprentissage. Michael Jordan a raté 9000 tirs dans sa carrière.

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